L'aiguille du Tour - nos premiers pas d'alpinistes - Kazaden Blog

L’aiguille du Tour – nos premiers pas d’alpinistes

Chez Kazaden, on aime l’aventure et le contact avec la nature. On aime se fixer des petits (et grands) défis, sortir de notre zone de confort et se frotter à des expériences nouvelles. Alors quand Jérémie, Maxime et Steph (dirigeants de Kazaden), nous ont annoncé qu’on partait pour une initiation à l’alpinisme dans le massif du Mont-Blanc, on a commencé à faire des petits sauts de cabri dans les bureaux. L’objectif ; réaliser l’ascension de l’Aiguille du Tour, le sommet qui se situe entre les glaciers du Tour et du Trient, sur la frontière franco-suisse. Ok, c’est un des plus faciles de la région mais quand même, l’ascension n’a rien d’une balade du dimanche. Pour vous raconter, Roméo, membre de la Team Kazaden, s’est plié à l’exercice de la rédac’. Découvrez son joyeux récit !

Aiguille-du-tour-Kazaden

L’aiguille du Tour nous appelle

Il est 8h, départ de Paris pour les uns et de Lyon pour les autres. Fred, notre guide et expert du terrain, a déjà dû appeler la moitié de l’équipe pour savoir si nous n’avions rien oublié. Tant pis, de toute façon, on est déjà en route, excités comme des puces, des rêves d’Himalaya dans la tête. 

Chez Kazaden, certains sont chevronnés en alpinisme mais chacun a son sport de prédilection, et donc pour certains, c’était bien la première fois qu’ils allaient chausser les crampons. Alors forcément, on se rassure, on s’observe mais surtout on s’imagine beaucoup de choses. 

On arrive vers 16h dans la vallée de Chamonix, Fred est là, grand sourire et nous accueille au gîte. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi avenant et bienveillant au premier abord. Voir arriver 12 joyeux lurons, sacs sur le dos, n’a clairement pas l’air de l’impressionner et c’est avec des étoiles dans les yeux qu’on l’écoute nous raconter ses premières histoires de montagne.

Le soir, on partage tous un repas copieux, une tarte aux abricots mais surtout des rires et une bonne humeur communicatrice. A 22h, tous au lit, notre aventure commence demain

9h, l’heure fatidique où Fred, en capitaine de navire va checker tous nos sacs et vérifier qu’on a bien suivi ses instructions. Pas de mauvais élèves chez Kazaden, on a tous ce qu’il faut et c’est piolet sur le dos qu’on descend dans la vallée chercher nos chaussures et crampons. 

crampon_alpinisme_kazaden

Ce n’est quand même pas une question de semelle qui entamera notre enthousiasme

« Ça te fait pas mal aux talons toi ? », « J’ai un peu l’impression de flotter dedans », « En fait c’est un peu des chaussures de snow non ? ». Certains découvrent les chaussures d’alpinisme et peu les trouvent à leur goût. Mais Gégé et Loris, nos deux autres guides, tout aussi sympa que Fred, sont là pour nous secouer les puces. Ce n’est quand même pas une question de semelle qui entamera notre enthousiasme, nous partons donc full equiped, vers la première étape de notre ascension : la télécabine de Charamillon puis un télésiège qui nous emmèneront à 2000 m d’altitude. 

Télécabine fermée. C’est donc 400 m de dénivelé que nous aurons à faire en plus avant même d’avoir commencé la véritable ascension. Les pieds d’Agathe s’en souviennent encore. Mais cette petite marche forcée nous aura permis de voir 3 bouquetins cavaler à flanc de falaise et ça, ça n’a pas de prix. 

Cette fois, c’est la bonne, vers 11h nous grimpons par un chemin en balcon jusqu’aux abords du Glacier du Tour qu’on aperçoit déjà en fond de toile. Notre objectif final reste encore à couvert mais la vue sur l’ensemble du massif du Mont Blanc est à couper le souffle, lui qui commence d’ailleurs à se faire déjà un peu plus court…

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Bilan de cette longue journée : des ampoules, des Compeeds, des sourires et de vrais moments de bonheur.

Nous atteignons le glacier en début d’après midi après un superbe pique-nique, comté/saucisson/Pomme Potes’, au bord du sentier. Ces crêtes qui découpent l’horizon et la majesté des glaces nous redonnent des ailes et c’est avec un nouvel entrain que nous chaussons les crampons pour s’essayer aux 10 pointes et à la cascade de glace au pied du refuge Albert 1er

cascade de glace-kazaden

Fred a tout de suite compris qu’on était des champions piolets en main et c’est très fiers, mais aussi très mouillés par la pluie qui s’est mise subitement à tomber, que nous rejoignons le refuge pour un repos bien mérité. 

Bilan de cette longue journée : des ampoules, des Compeeds, des sourires et de vrais moments de bonheur. 

kazaden_team

Face au coucher de soleil qui illumine de rose le glacier et l’aiguille du Tour qu’on aperçoit enfin, Fred et Gégé nous rappellent vite à la réalité : « Demain les loulous c’est départ à la frontale à 4h du mat, alors à 22h tout le monde au lit ! ». 

coucher_de_soleil_aiguille_du_tour

Je pense qu’il vaut mieux les prendre au mot. De toute façon, on tient déjà plus debout et comme on nous le répète depuis le début, la fatigue est l’ennemi de l’alpiniste ! (la fatigue mais aussi le poids, les crevasses, les frontales sans piles, les barres de chocolat Kellogg’s, le gluten… pas beaucoup d’amis l’alpiniste !)

C’est donc le ventre plein et l’esprit léger, que nous prenons nos quartiers dans un superbe dortoir où seuls les ronflements de certains collègues viendront troubler notre paisible sommeil…

Le sommet nous attend

3h 30 : Branle le bas de combat, le réveil qui sonne, gros coup d’adrénaline pour tout le monde, petit coup de barre pour certains. Tout le monde se réveille comme il peut, rassemble ses affaires, s’active vaguement… Jérémie lui a déjà fini son bol de céréales et commence à nous mettre la pression. 

3h 40 : Fred, Gégé et Loris nous attendent déjà de pied ferme. Pas le temps de rechigner, on mange un morceau en vitesse et c’est parti ! Il règne une ambiance particulière au refuge où toutes les cordées se mettent en route dans la bonne humeur, on se croirait un peu au café du commerce alors qu’il ne fait toujours pas jour.

À  la lumière des frontales, nous commençons donc l’ascension, 3 cordées de 5 se suivent au tout petit matin vers un objectif commun, le sommet de l’Aiguille du Tour. On parle peu, on respire beaucoup, on s’arrête de temps en temps. Le jour commence d’ailleurs à se lever. C’est le moment de faire une petite halte pour chausser les crampons et entamer la traversée du glacier. La pente est d’abord douce et nous laisse le temps d’apprécier les couleurs qui nous entourent. À mesure que l’on avance, elle se fait de plus en plus raide jusqu’à devenir un espèce de gigantesque mur planté devant nous. Mes jambes se souviennent encore de ce dernier couloir que nous peinons à gravir pendant 1h. On grimpe, on s’accroche, un pied en avant, parfois deux en arrière. Mais quel bonheur lorsque’arrivés en haut du col on découvre les montagnes suisses baignées des premières lueurs de l’aube ! Un spectacle absolument grandiose…

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On s’assure comme on peut, on grimpe, une seule idée en tête, poser mentalement son petit fanion tibétain tout en haut

7 h : On arrive au pied de l’Aiguille, il est temps de laisser les crampons en bas et d’attaquer l’escalade à flanc de falaise, pour arriver au sommet. On s’assure comme on peut, on grimpe, une seule idée en tête, poser mentalement son petit fanion tibétain tout en haut. Dans la cordée, on garde le rythme, la corde légèrement tendue pour ne pas s’y prendre les pieds et risquer le roulé boulé. On vérifie ses prises, on checke le matériel en permanence et on évite de regarder en bas. Le vide est bien présent et l’altitude se fait sentir. Pour celles et ceux qui auraient le vertige, ce n’est pas le moment de flancher. Après une bonne demi-heure de sueurs, on y arrive.  Nous voilà donc à 12, agglutinés sur cette petite crête, à se congratuler et s’embrasser, la mine rayonnante avec un air de « c’est bon on l’a fait, bordel !»

aiguille_du_tour_cordee_1Après la séance photo, place à la descente et aux genoux qui grincent. Nous avons mis près de 4 h à atteindre le sommet, environ 3 pour rejoindre la croûte au fromage qui nous attendait toute fumante au refuge. 

Après le déjeuner, le retour en vallée n’est plus qu’une formalité, nous nous sentons tels de véritable explorateurs, capables de partir à la conquête des plus hautes cimes. 

La vérité, c’est surtout qu’on a super mal aux pieds et que notre seule envie est de mettre des pantoufles. Mais nous gardons tous un souvenir impérissable de cette belle aventure en équipe. Fred, Gégé et Loris auront été des guides incroyables, toujours volontaires pour partager leur passion. De vrais moments de camaraderies qui nous donneraient presque envie d’aller gravir l’Everest.

Pour voir plus d’images, regarder notre vidéo !

L’aventure vous appelle ? 

Partez avec nos guides pour une ascension à Chamonix et dans le Massif du Mont Blanc. Apprenez de leur expérience et partagez des moments de convivialités avec de vrais passionnés ! Découvrez toutes nos formules d’alpinisme. 

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