Surfer au delà du cercle polaire, une expérience exceptionnelle - Kazaden Blog

Surfer au delà du cercle polaire, une expérience exceptionnelle

Petite bourgade norvégienne enclavée entre les montagnes, le village d’Unstad a comme un air de bout du monde. Situé dans les îles Lofoten à 160 km au nord du cercle polaire, ce spot attire les surfers du monde entier. La-bas, vous ne trouverez ni cocotiers ou transats plastifiés mais des vagues exceptionnelles toute l’année, dans une nature restée intacte. 

Des vagues, du surf, et une ambiance ultra conviviale

 

Grâce aux courants d’air chaud du Gulf Stream, les vagues de la région ne sont jamais immobilisées par la glace. ©Unstad Arctic Surf

 

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de me frotter aux vagues sur une planche de surf alors s’il y a bien un endroit où je devais tenter l’expérience, c’est ici !

En mars dernier, au détour improbable d’un road trip dans les Lofoten, j’ai découvert cet endroit unique. Nous sommes à la fin de l’hiver, les journées s’allongent à grande vitesse et la période est idéale pour admirer les aurores boréales. Nous arrivons en fin d’après-midi. A peine nos bagages déposés dans l’une des confortables cabines du surfcamp que Marion, la propriétaire du lieu nous propose un verre. Dynamique, spontanée, elle nous raconte l’histoire du lieu :

En 1963, Thor Frantzen et Hans Egil Krane, deux jeunes Norvégiens découvrent le surf lors d’une escale en bateau à Sydney où ils étaient partis pour travailler. A leur retour, piqués par la passion des vagues et inspirés par la pochette de l’album Surfin’ Safari des beach boys, ils décident de fabriquer eux-mêmes leur première planche à base de polystyrène et de papier journal humide. En 2003, alors que le surf se démocratise en Norvège, Thor Frantzen et sa femme ouvrent quelques cabines près de la plage. Ils inaugurent un restaurant et louent leurs premières planches. Le projet se développe et attire de plus en plus de passionnés. Aujourd’hui repris par Marion, la fille de Thor Frantzen,  Unstad Arctic Surf est devenu l’un des surfcamps les plus en vogue de Norvège. L’atout ultime de cet endroit repose sur “la combinaison entre les vagues de la façade ouest de l’Europe et le relief de la côte rocheuse sur laquelle elles se brisent”, rappelle Tommy Olsen, le mari de Marion.

Le moment fatidique – se jeter à l’eau

Pour faire face au froid,il est important de toujours rester en mouvement. ©Unstad Arctic Surf

Le lendemain matin, 8h, premier coup de chaud (ou de froid). Pour tenir dans une eau qui ne dépasse pas 5°C, il faut enfiler une combinaison intégrale de 5 à 7 mm d’épaisseur, une cagoule, des chaussons et des gants. Avec ça, nous ressemblons davantage à des grenouilles qu’aux beaux surfers californiens mais qu’importe, le froid ne nous aura pas.

9h : j’apporte ma planche sur la plage et c’est parti pour les premiers échauffements : les pieds dans la neige, j’enchaîne les aller-retours en sautillant. Une fois réchauffée, notre moniteur nous explique les premiers mouvements. Comment trouver l’équilibre et effectuer le “take-off”, ce moment périlleux où le surfer doit pousser sur ses bras tout en se levant sur sa planche.

Justesse, placement et enchaînement sont les trois indicateurs pour réussir son coup. ©Unstad Arctic Surf

9h30 : on se jette à l’eau. Grand moment d’appréhension et là, surprise, l’eau glaciale ne rentre pas dans la combinaison. Nous restons tout de même près du bord pour avoir pieds et tentons pendant plus d’une heure de prendre la vague. Pédagogue et patient, Marco nous guide pas à pas pour nous améliorer. Malgré la difficulté de mouvement qu’impose l’épaisseur de la combinaison, je réussis tant bien que mal à me lever et à rester en équilibre au-dessus de l’eau. Quelles sensations !

10h30 : l’effort fait place à la fatigue. Après quelques canards et une dernière tentative réussie, je décide d’arrêter. Retour au surfcamp pour enlever les combis (comme on peut) et direction le sauna pour petit moment de détente. Une fois réchauffée, Marion nous sert un irish chocolate accompagné d’un bon gros bun à la cannelle (avis aux amateurs, ce sont les meilleurs que je n’ai jamais goûtés) pour se requinquer.

Toute la cuisine servie dans le surfcamp est faite maison . ©Unstad Arctic Surf

Il est vrai que faire sa première leçon de surf au mois de mars en Norvège peut paraître complètement fou. C’est justement ce dont nous avions envie. Une expérience qui sorte de l’ordinaire. Je me souviendrai toujours de cette lumière, de ces paysages incroyables et surtout, de la convivialité de toute l’équipe. Je reviendrai c’est certain, mais peut-être en été cette fois-ci !

Marine

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