Tempête sur l’Annapurna : retour sur le drame d’octobre

Le 14 octobre dernier, une terrible tempête de neige frappait le massif de l’Annapurna dans l’Himalaya. Au total, ce sont près de 43 personnes qui ont perdu la vie lors de ce tragique événement. Retour sur cette tempête sur l’Annapurna (Népal).

Tempête sur l'Annapurna (Népal) : le drame d'octobre dernier

Un trek dans l’Annapurna est normalement une magnifique expérience, unique en son genre © Kazaden – Bozulek

Plus grande catastrophe de l’histoire du trekking au Népal

Alors que le mois d’octobre est celui qui réunit normalement les conditions les plus favorables pour un trek au Népal, une tempête dévastatrice s’est abattue sur le massif de l’Annapurna le 14 octobre dernier, piégeant ainsi plus de 400 randonneurs engagés sur les sentiers de l’un des plus hauts sommets du monde, situé en plein cœur de l’Himalaya. Keshav Pandey, le vice-président de l’Association des agences de trekking du Népal, a d’ailleurs déclaré : « Nous ne nous attendions pas à ce genre de tempête sur l’Annapurna en octobre ». Malheureusement, cela aura coûté la vie à 43 personnes dont 19 étrangers venant du Canada, d’Israël, de Pologne, de Slovaquie, d’Inde et du Vietnam. 385 autres individus, dont 180 étrangers, ont, quant à eux eu plus de chances et été retrouvées saines et sauves dans les districts touchés de Manang et de Mustang.

Une aggravation rapide des conditions

Alors qu’ils se trouvait à plus de 5 400m, Paul Sheridan, l’un des survivants britanniques, raconte que soudainement « le sol et le ciel ont pris les mêmes couleurs » et qu’en un rien de temps, « un vent féroce, vicieux, glacial et mordant » s’est installé. C’est alors que les traces de pas ont commencé à s’effacer et que les températures ont diminué brutalement. Paul Sheridan déclare ainsi qu’il « protégeait ses yeux qui étaient en train de geler » et qu’il était « difficile d’y voir quoi que ce soit ». Il s’estime heureux d’être encore en vie et pense que cela aurait pu être bien pire pour nombre de personnes. C’est là le triste constat qu’a pu faire l’allemande Mandy Homuth décrivant, au lendemain des faits, « des dégâts effroyables dans la vallée : arbres déracinés, coulées de boue, glissements de terrain » mais également un sombre « ballet des hélicoptères, ramenant les rescapés, non seulement du col, mais des alentours ».

Un manque criant de réactivité

Si les conséquences de cette tempête sur l’Annapurna furent catastrophiques, on ne peut cependant que remettre en cause la réactivité des autorités. En effet, comme le souligne un expert du climat de l’université de Katmandou (la capitale népalaise), Ngamindra Dahal, les services météorologiques savaient que de forts vents et d’importantes pluies allaient s’abattre sur le pays. Il précise d’ailleurs que « les paysans étaient prévenus, l’information avait été diffusée dans les médias, donc cela n’était pas inattendu ». Le problème, dans le cas présent, est que l’information n’a pas été relayée correctement aux randonneurs, ce que le ministre de l’environnement népalais a fini par reconnaître. Mais un autre problème doit être souligné, il a été prouvé que de nombreux randonneurs étaient présents sans même posséder de permis pour le trek, un document obligatoire pour prendre part à n’importe quelle randonnée. C’est pourquoi le porte-parole du ministère du tourisme en est venu à annoncer que le Népal ne tolérerait plus ces comportements et qu’il était prêt à accueillir moins de touristes, même s’il fallait les faire payer plus cher pour appliquer cette décision.

Un coup dur pour le tourisme au Népal

Cette décision n’est pas vraiment étonnante lorsque l’on sait que le Népal est critiqué depuis plusieurs années pour le manque de sécurité qui existe dans le milieu de l’alpinisme, de la randonnée et de l’escalade. Ce n’est pas la première catastrophe qui a lieu dans ce pays mais c’est très certainement la plus tragique de toutes. En avril dernier déjà, ce sont 16 sherpas qui avaient été emportés par une avalanche sur le Mont Everest. Cela avait amené les autorités à interdire toute nouvelle ascension, une décision radicale mais nécessaire pour la sécurité des amateurs de trek au Népal. Dans le cas présent, le problème, comme le souligne et le regrette Keshav Pandev, est que le Népal ne dispose pas de « système d’alerte » concernant les conditions météorologiques. Le manque de sécurité ne permet donc pas d’éviter des catastrophes comme celle qui a eu lieu en octobre dernier. Ce dernier point pèse donc sur le secteur du tourisme au Népal qui repose principalement sur les activités d’alpinisme, de randonnée et d’escalade.

Il n’en reste pas moins qu’il faudra attendre de voir si ces promesses seront réellement respectées ou non. C’est d’ailleurs la crainte de la grande figure de l’alpiniste himalayen Elizabeth Hawley qui affirme qu’elle « ne serait pas surprise si ce tragique incident était vite oublié ». Ce serait là une bien triste conclusion. Espérons que le gouvernement népalais prendra de réelles mesures pour améliorer la sécurité des népalais et des touristes en montagne.

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