Mont-Blanc : les risques & dangers à connaître

Chaque été le Mont-Blanc attire de nombreux candidats cherchant à dépasser leurs limites et à se frotter à la haute montagne. Malheureusement, depuis plusieurs années, le toit des Alpes est le théâtre d’accidents parfois dramatiques… Si la montagne est dangereuse et incertaine, elle reste néanmoins accessible à toute personne bien préparée et bien encadrée. Il est important d’avoir conscience de ses limites, voici donc un extrait des difficultés et dangers auxquels vous pourrez être confrontés lors de votre ascension du Mont-Blanc.

Sommet du Mont Blanc

Mont-Blanc  au départ de la voie des 3 Monts © Kazaden

1. Les principaux dangers à connaître sur l’ascension du Mont-Blanc

Les chutes de pierres, de séracs et les avalanches

Il y a 3 voies principales pour atteindre le sommet : la voie dite normale par le refuge du Goûter, la voie des trois monts et la voie italienne.

Bien que les guides de la vallée de Chamonix participent à un aménagement partiel du passage de l’Aiguille du Goûter, certains endroits de la voie normale restent soumis à des dangers inexorables de chutes de pierres. Le couloir du Goûter, passage obligé de l’ascension, est très régulièrement exposé à cette problématique. Au cœur de l’été, lorsque le regel nocturne est mauvais, les pierres dévalent les pentes de l’Aiguille du Goûter rendant le passage du couloir très délicat. Il faut alors parfois attendre de longues minutes avant de trouver le timing adéquat, voire parfois renoncer. Le manque de visibilité, fréquent à cette altitude, peut également rendre le passage du couloir du Goûter délicat.

L'Aiguille du Goûter, passage obligé de l'ascension du Mont-Blanc © Wikipédia

L’Aiguille du Goûter, passage obligé de l’ascension du Mont-Blanc © Wikipédia

Sur glacier, certains passages sont exposés aux chutes de séracs, des blocs de glace partiellement liés au glacier. Leur chute est un phénomène naturel qui peut arriver aussi bien en été qu’en hiver. Ces chutes de séracs peuvent être massives et former de grosses avalanches de neige et de glace. Ces phénomènes sont absolument soudains et imprévisibles et leurs conséquences peuvent être mortelles.

Les séracs du Mont Blanc du Tacul

Mont Blanc du Tacul – Séracs © Wikipédia

Les crevasses

Chaque année des chutes en crevasses sont recensées, et si certains s’en sortent sains et saufs, c’est grâce aux interventions rapides et professionnelles du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM).
Les crevasses glaciaires sont des ouvertures créées naturellement par les mouvements du glacier. Leur amplitude est variable en fonction de l’inclinaison de la pente et leur profondeur peut aller jusqu’à plus de 50 mètres.
Toutes les crevasses ne sont pas ouvertes et visibles au premier coup d’œil, c’est pourquoi il est important de suivre rigoureusement sa cordée, menée par un guide. Lors de l’ascension du Mont-Blanc par la voie normale, les risques de crevasses les plus élevés sont autour du Dôme du Goûter.

Les conditions météo

“La montagne c’est le paroxysme du micro-climat !” – résume Serge Taboulot, météorologue grenoblois. Effectivement, on y trouve un risque accru de phénomènes tout à fait instables. Pourquoi ? Explications.

Par l’aspect vertical des massifs, le climat en montagne en été se différencie foncièrement d’une météo en plaine ou en littoral. Les nombreuses expositions au soleil et les changements de reliefs jouent un rôle important sur la variation rapide des températures et donc de la création d’orages alors imprévus. Ces derniers sont provoqués par la rencontre des masses d’air chaudes – issues des sols et bloquées par l’altitude des montagnes et des masses d’air froides. À haute altitude, il n’est pas évident de se protéger rapidement de ce type d’intempéries car tout évolue très vite. Il est donc important de rester vigilant et alerte face aux bulletins météo de la vallée de Chamonix.

Le froid, la fatigue et l’altitude

En haute montagne, le froid est redoutable et représente une réelle menace pour tout alpiniste. Ce froid est très souvent accentué par le vent, et rend indispensable de prévoir les couches de protection nécessaires pour échapper aux risques d’hypothermie. Il est  aussi important de bien couvrir les extrémités afin de limiter les risques d’engelures.
La fatigue est l’un des symptômes direct du froid. De plus, en montagne les nuits sont courtes et l’effort long. Il faut donc apprendre à gérer avec vigilance les états de somnolence qui peuvent s’installer. C’est à ce moment même que les risques de chutes et de glissades sont décuplés et donc à surveiller de près par tous les membres de cordée.
Enfin, un effet bien connu de la haute montagne, le MAM : mal aigüe des montagnes. L’évolution en haute montagne et le manque d’oxygène qui en résulte ne permet pas d’alimenter convenablement les besoins du corps humain en plein effort. Ainsi, nos capacités physiques sont considérablement réduites. C’est pourquoi il est indispensable de prendre le temps de s’acclimater et de s’adapter à l’altitude pour que nos mécanismes de défense se mettent naturellement en place.

2. Les pré-requis indispensables pour tenter l’ascension du Mont Blanc

Une bonne préparation physique

Pour réussir à atteindre les 4810 mètres d’altitude, il faut être en excellente condition physique. Cela revient à être capable de marcher plus de 8 à 10h en montagne et pouvoir faire un dénivelé positif de +1500 m. Il faut également ne pas être trop sujet au vertige et être en forme au moment de l’ascension (arriver reposé à Chamonix).

Nous vous recommandons un entrainement sportif intense axé sur l’endurance. Si vous êtes citadin et n’avez pas la possibilité de randonner, plusieurs séances de running ou de vélo par semaine sont par exemple un bon moyen de vous préparer, à condition de faire des sorties prolongées et à bon rythme. Pour les expérimentés en alpinisme qui souhaitent faire l’ascension en 2 jours, il est préférable de venir randonner en montagne les jours précédents votre ascension afin de débuter votre acclimatation. L’idéal pour une bonne préparation est alors de réaliser 2 ou 3 jours de randonnée avec au moins 1000 m de dénivelé positif, et de passer au moins une nuit à plus de 3000 m.

Une préparation mentale

Si l’ascension d’un tel sommet est connue pour son engagement physique, il ne faut néanmoins pas négliger la préparation mentale. Travailler son mental est aussi un moyen de réussir à canaliser et concentrer son énergie sur un objectif final.

Voici quelques conseils de préparation mentale nécessaires avant et pendant l’ascension du Mont Blanc :
- Lisez et documentez-vous. Cela vous permettra de mieux comprendre tous les enjeux de l’ascension. Vous aurez davantage confiance en vous et serez capables de bien réagir en cas de problème pendant votre ascension.
- Organisez-vous et projetez-vous au maximum sur toutes les étapes du parcours de l’ascension. Prévisualisez les passages techniques, les temps de pauses, l’arrivée au sommet…

Être bien accompagné par un guide

Tout au long de cette préparation mentale et physique, vous ne serez pas seul. L’avis et les conseils avisés d’un guide de haute montagne seront absolument indispensables. Le guide sera non seulement celui que vous suivrez tout au long de votre ascension mais aussi celui qui vous enseignera les techniques et les fondamentaux de l’alpinisme. Il faudra apprendre les bons gestes et réflexes à avoir en haute montagne mais aussi connaître les consignes de sécurité indispensables pour la sécurité de tous.
Les 6 mois précédents votre ascension vous serez en contact avec votre guide afin de pouvoir préparer ensemble cette ascension, apprendre à vous connaitre et recevoir les conseils de préparation et d’équipement.

Choisir la bonne formule et prendre son temps !

 Vous avez toute la vie pour tenter l’ascension du Mont-Blanc, n’hésitez donc pas à débuter l’alpinisme avec des objectifs moins ambitieux. Nombreux sont les sommets des Alpes qui vous laisseront des souvenirs inoubliables ! Si néanmoins vous souhaitez tenter l’ascension du Mont-Blanc sans expérience préalable, orientez-vous absolument vers une formule longue (5 à 7 jours), cela vous permettra de correctement vous acclimater et d’apprendre progressivement les techniques de l’alpinisme.

Arrivée au sommet du Mont Blanc

Arrivée au sommet ©Bill Chabrolin

Avoir l’équipement adéquat

En plus de demander une bonne préparation physique, l’ascension du Mont-Blanc nécessite un équipement de rigueur. L’objectif sera de réussir à ne rien oublier tout en conservant un sac léger et ergonomique.

Il y a une règle d’or à ne jamais oublier pour réussir à gérer son effort dans les meilleures conditions, c’est la règle des 3 couches :
- une première couche, considérée comme une seconde peau, elle doit être respirante pour vous permettre de rester au sec.
- puis une deuxième couche qui doit vous permettre de conserver la chaleur et vous isoler du froid.
- enfin, une troisième couche pour vous protéger des intempéries qui doit-être à la fois imperméable et respirante.

En terme d’équipement de sécurité, les indispensables seront :
- un piolet classique,
- une paire de crampons,
- un casque et une lampe frontale,
- un ou deux bâtons de randonnée, selon vos préférences.
La plupart de ce matériel peut-être loué à Chamonix, sous les conseils de votre guide.

3. Quelques sommets pour s’initier à l’Alpinisme avant de tenter l’ascension du Mont-Blanc

Être bon sportif n’est pas toujours suffisant pour s’attaquer au sommet du Mont-Blanc, c’est pourquoi il est bon de faire ses premières expériences sur des sommets plus accessibles qui vous familiariseront à  l’utilisation des crampons, la marche en cordée, l’altitude, la sécurité… Voilà quelques exemples de sommets parfaits pour débuter.

La Roche Faurio, une entrée dans l’alpinisme sur glacier

L’ascension de la Roche Faurio est une course idéale pour débuter en alpinisme. D’un niveau technique facile, elle vous permettra de découvrir la marche avec crampons et les techniques d’encordement dans un paysage splendide de haute montagne. La formule idéale pour cette ascension est de la faire en 2 jours, en passant par le refuge des Écrins.

Sommet de la Roche Faurio

Le Glacier Blanc et le Dôme des Écrins ©Kazaden

Le Dôme des Glaciers, une initiation idéale

Le Dôme des Glaciers se situe dans la partie savoyarde du Massif du Mont Blanc et offre une vue imprenable sur le Mont-Blanc. Deux voies sont possibles pour réaliser l’ascension du Dôme des Glaciers : soit l’aller-retour par le glacier, soit l’aller par l’arête des Lanchettes et le retour par le glacier. Au cœur de la Vallée des « Glaciers », c’est une expérience d’alpinisme inoubliable dans un cadre sauvage et préservé.

Dôme des Glaciers - Alpinisme

Ascension finale du Dôme des Glaciers ©Kazaden

Le Grand Paradis, votre premier 4000

Le Grand Paradis est un superbe sommet à 4061 m d’altitude. C’est un sommet idéal pour réaliser votre premier 4000 m. Accessible aux débutants en alpinisme, il nécessite néanmoins une bonne forme physique, car ce géant de glace ne se laisse pas si facilement conquérir ! L’arrête sommitale est très aérienne et apporte une petite touche technique après une ascension magique au milieu des glaciers !

Sommet du Grand Paradis

Vue de l’arrête sommitale du Grand Paradis ©Kazaden

Pour conclure, le Mont-Blanc est une montagne dangereuse si son ascension est réalisée mal encadrée et sans préparation. Il faut avoir conscience que la haute montagne ne se soucie pas d’être juste ou injuste et que nous sommes vulnérable face à elle. Ne partez pas sans être informés et faites-vous accompagner par un guide de haute montagne qui vous permettra de grimper de façon sécurisée et vous aidera tout au long de votre préparation. 

« Grimpez si vous le voulez mais n’oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans prudence et qu’un seul moment de négligence peut détruire une vie entière de bonheur. N’agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas. Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin. »
Edward Whymper, alpiniste britannique et chamoniard d’adoption.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

98 − 92 =